おはよう

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Dans cet article, dites bonjour à l’écriture japonaise !
Ç’en est d’ailleurs le titre, écrit en hiragana : おはよう「ohayō」 ~ bonjour (familier).

Il y a trois ensembles de symboles pour écrire le japonais :
les hiragana, les katakana, et les kanji.

Comme je viens de le faire, dans la suite j’écrirai la prononciation des mots en rōmaji entre des 「」, après la version en kana.
Suit si besoin une traduction en français après une ~ (tilde).

Attention sur les rōmaji, prononcez tous les 'e' comme des 'é'.

Les hiragana et les katakana sont des syllabaires : chaque symbole donne une syllabe.
Contrairement à notre alphabet, où il faut combiner plusieurs lettres : notez qu’on parle d’ailleurs de « B-A BA » !

Pour écrire le japonais

…il y a :

  • 46 hiragana (+2 abandonnés, ゐ「wi」 et ゑ「we」)
  • 46 katakana (+2 abandonnés, ヰ「wi」 et ヱ「we」)
  • → 2 dakuten (accents) : ゛ et ゜
  • · …et 2143 kanji usuels (ouais tout ça, et même ~7000 par composition)
Pensez aux hiragana comme aux minuscules, et aux katakana comme aux capitales, pour comparer.

…et pour écrire le français

Il faut bien plus de 26 symboles, pas de mauvaise foi s’il vous plaît !

  • 26 minuscules d’imprimerie
  • 26 capitales d’imprimerie
  • 26 minuscules attachées
  • 26 capitales attachées
  • → 5 diacritiques : ^ ’ ´ ` ¸

Ce qui fait six symboles de plus, et 3 accents de plus qu’en japonais pour les kana ! (kana = hiragana + katakana)
Je parie que vous venez de vous impressionner vous-même.

On note que 8 lettres d’imprimerie se ressemblent en minuscules et capitales : C~c O~o S~s V~v W~w X~x Z~z
…et que 4 kana se ressemblent en hiragana et katakana : へ~ヘ「he」 も~モ「mo」 や~ヤ「ya」 り~リ「ri」
Ça nous donne 44 lettres d'imprimerie différentes et 43 kana différents.

Total : kana - 89 symboles différents ; alphabet français - 96 symboles différents.
Ce compte correspond au nombre de glyphes dans notre mémoire, et à rien d’autre.
Évidemment, il y a aussi les kanji en plus ! (sauf qu’avec eux on peut écrire les langues du monde entier)

L’usage

Autrement dit, c’est bien beau tout ça mais on en fait quoi ?

  • Les hiragana servent à écrire le japonais en phonétique, donc la prononciation.
  • Les katakana servent (généralement) à écrire les mots empruntés à d’autres langues (surtout l’anglais).
  • Quand on a dépassé l’école pour les gamins, on écrit avec des kanji, des hiragana et des katakana selon ce qui est adapté.
L’intérêt d’utiliser les kanji : le sens (sémantique) est extrêmement précis — en réalité c’est ce que sont ces sinogrammes : une idée, et le plus souvent un son. Certains sont donc des idéogrammes, et la majorité, des idéo-phonogrammes.

Les kanji sont importés de Chine, et ça a été fait un peu bizarrement. Tantôt par prononciation et tantôt par sens.
Ça correspond souvent, mais pas toujours, parce que parfois le mot japonais (complètement différent) existait déjà.

Exemple : 何 se prononce なに「nani 」 ~ quoi, 何方 se prononce どっち「docchi」 ~ lequel, 何処 se prononce どこ「doko」 ~ où.
On sent bien le dénominateur commun sémantique « quoi » dans « lequel » et « où » : même si on ne sait pas prononcer, on peut comprendre le sens.

方 signifie "direction, manière de, personne" ; 処 signifie "endroit (de l’espace et/ou du temps)".
Notez que le français est assez inadapté pour exprimer cette sémantique fine, et qu’il a une grammaire très différente du japonais. Imaginez donc un concept pour lequel le mot n’existe pas, et veut dire quelque chose du genre…

Un tout petit peu de katakana, que j’ai négligés dans cet article.
Les gairaigo, c’est les mots importés de langues étrangères donc, et par exemple :
フランス「furansu」 ~ France
コーヒー「ko-hi-」 ~ coffee (café)
フリーザ「furi-za」 ~ freezer (congélo)
Le tiret allonge le son qui précède.

On a aussi des wasei-eigo, des abréviations de mots empruntés à l’anglais (eigo), juste un exemple :
ワープロ「wa-puro」 ~ word processor (abrégé wa pro)

On utilise aussi les katakana pour écrire des mots japonais d’origine, ça atténue leur sens ou ça les met en relief, c’est un effet de style.

にゃ~「Nyaa…」 go go go !

Un article sur l’écriture sans tous les symboles en question, c’est moyen.
Voici donc sans plus attendre :

Les hiragana
あかさたなはまやらわいきしちにひみりうくすつぬふむゆるえけせてねへめれおこそとのほもよろをん

Les katakana
アカサタナハマヤラワイキシチ二ヒミリウクスツヌフムユルエケセテネヘメレオコソトノホモヨロヲン

「a ka sa ta na ha ma ya ra wa i ki shi chi ni hi mi ri u ku su tsu nu fu mu yu ru e ke se te ne he me re o ko so to no ho yo ro wo n」
Remarquez, cinq sons voyelle en japonais : a i u e o. (e se prononce é)

La présentation que j’en fais ici n’a absolument pas pour but d’être pratique.
Voyez plutôt les pages wikipedia pour ça : Hiragana et Katakana.

Les dakuten modifient les sons des kana.
Quelques exemples.
て「te」+ ゛= で「de」
た「ta」+ ゛= だ「da」
す「su」+ ゛= ず「zu」 (prononcer entre zue et dzou, mais pas grassement à la d’z’houe, c'est bien plus aérien)
は「ha」+ ゜= ぱ「pa」
ほ「ho」+ ゜= ぽ「po」

Les kanji jusqu'à 4 traits :
1:一乙
2:丁七九了二人入八刀力十又
3:丈三上下与万丸及久乞亡凡刃勺千口土士夕大女子寸小山川工己巾干弓才
4:不中丹乏予互五井仁仏今介元公六内円冗凶分切刈匁勾匂化匹区升午厄反友収双天太夫孔少尺屯幻弔引心戸手支文斗斤方日月木欠止比毛氏水火爪父片牙牛犬王 …j'arrête là, il y a jusque 20 traits en standard, et quelques-uns jusque 29 genre 鬱, qui va vous donner le sentiment qu'il exprime !

Et une sélection perso qui servent pas mal !
私 je/moi
分 comprendre (aux sens distinguer et incorporer, également logiques en français)
人 personne ("un gens")
日 jour/journée
行 aller
思 croire ("je pense que…")
全 tout
語 langage
神 dieu/papier
本 livre (bouquin) ou origine (p. ex dans 日本, "Japon", l’origine du jour — le pays du soleil levant)
円 yen (la monnaie japonaise, bien sûr)
Euh, c’est tout ce qui me vient à l’esprit sur le moment.

Un tout petit petit peu de japonais

Je reviens sur les kanji.
Ils permettent d’éviter les homophonies (qui deviendraient homonymies), et comme il n'y a pas d’espaces en japonais…
そうなんですか「sounandesuka」 peut vouloir dire :
· « Est-ce vrai ça ? » — そう何ですか
· « Y a-t-il un accident ? » — 遭難ですか

Là, ce sont les kanji qui lèvent l’ambiguité.

Note super importante : on ne prononce que très rarement le u en japonais (sauf quand il est seul).
Exemple : です「desu」 se prononce "dess" le plus souvent.
Aussi : は「ha」 comme syllabe de liaison se prononce “wa”.
Donc par exemple ci-dessous "boku wa" s’écrit ぼくは「boku ha」 en hiragana, pas ぼくわ「boku wa」. [edit] Désormais je romanise les は (ha) isolés en “wha”.

Je ne vais pas vous laisser partir sans le minimum vital !

Si vous voulez dire "je ne connais pas le japonais"
私は日本語が分かりません
En hiragana : わたしはにほんごがわかりません「watashi wha nihongo ga wakarimasen」
watashi = je, moi ; nihongo = langue japonaise ; wakarimasen = ne pas connaître (wakaru, c’est "connaître", et arimasen lit. "il n'y a pas", utilisé commme négation)

Allez, soyons fous. "je comprends un peu de japonais"

Si vous êtes une fille ou femme, vous pouvez dire :
あたしは日本語がちょっと分かります
Hiragana : あたしはにほんごがちょっとわかります「atashi wha nihongo ga chotto wakarimasu」

Si vous êtes un jeune homme, vous pouvez dire :
僕は日本語がちょっと分かります
Hiragana : ぼくはにほんごがちょっとわかります「boku wha nihongo ga chotto wakarimasu」

On a dit qu’on parlait un peu japonais… il faut savoir qu’on n’utilise pas tellement le "je" sans genre (watashi), sauf les femmes ; atashi est encore plus féminin, et boku est pour les (plutôt jeunes) hommes.
Watashi serait utilisé dans un cadre plus formel, ou simplement poli.
Les hommes peuvent également dire "ore" (俺) lorsque dans la phrase, il est question de soi. Attention, peut paraître prétentieux dans les autres cas ! Dans le doute, soyez plus humble.

Tant qu’on y est, revenons sur le titre de l’article, おはよう「ohayou」 : c’est comme “salut” en français. À dire le matin.
Pour dire bonjour un peu plus formellement : こんにちは「konnichiha」 (le ha se prononce wa). À dire en journée.
Pour dire “enchanté” quand on rencontre quelqu’un : はじめまして「hajimemashite」 ~ “c’est la première fois”, pour donner une idée du sens littéral.

それじゃ「sore ja」 ~ sur ce !

Les kanji font peur ? Bah ! Ce n’est que deux petits milliers de symboles.
Pour ma part, j’en connais déjà une^Wcinq centaines par inadvertance — sans avoir cherché à les apprendre — ce qui est lié au fait que je regarde les paroles de mes chansons préférées en japonais.

L’usage fait l’intérêt du moyen, il n’y a aucun intérêt à se rappeler de quelque chose qui ne sert pas.
J’espère que c’était suivable !
またね!


Il est probable que cet article contienne des imprécisions, car je ne suis pas un Japonais — et n’ai eu vent de ce que je raconte là que depuis quelques mois.
Néanmoins, ces détails je l’espère, n’affecteront pas très gravement les lecteurs potentiels de cette présentation sommaire : elle est avant tout destinée à débroussailler le terrain pour les curieux.
Si vous avez quelque chose à redire, n’hésitez pas !

Commentaires

Le 21 juin 2012 Ishido a dit :

Il aurait fallu présenter les kana en tableau plutot qu’à la suite. Ça permet de mieux voir l’organisation et la répétitivité du bidule.

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